BioFungi : Biopesticides à base de champignons entomopathogènes pour la gestion de la chenille légionnaire du maïs et autres ravageurs au Sud-Kivu, Est de la RD Congo

Duration

2025-2027

Lead institutions

Université de Liège (ULiège)

Academic partners

Frédéric Francis

Programme

Valorisation

Total budget

79,503 €

General objective

Le projet BioFungi a pour ambition de renforcer la sécurité alimentaire et la résilience agricole du Sud-Kivu en intégrant l’utilisation de biopesticides fongiques dans les pratiques locales. Pour ce faire, il prévoit d’abord la mise en place d’une infrastructure de laboratoire moderne, dédiée à la production de biopesticides à base de champignons entomopathogènes adaptés au contexte agroécologique régional. Sur cette base, des formulations efficaces seront développées et testées en conditions réelles dans des exploitations pilotes, afin de mesurer leur impact sur la lutte contre la chenille légionnaire et d’autres ravageurs du maïs. Le projet inclut aussi un important volet de transfert de connaissances : il organisera des formations pratiques pour les agriculteurs, les coopératives et les acteurs locaux afin de faciliter l’adoption de ces nouvelles solutions. Enfin, BioFungi entend vulgariser ses résultats auprès des communautés rurales et renforcer les capacités locales, contribuant ainsi à réduire la dépendance aux pesticides chimiques importés et à promouvoir une agriculture plus durable, respectueuse de l’environnement et adaptée aux réalités du Sud-Kivu.

Summary

La chenille légionnaire d’automne, Spodoptera frugiperda, est un ravageur invasif apparu en Afrique en 2016 qui menace gravement la production de maïs, culture essentielle pour la sécurité alimentaire en République démocratique du Congo. Au Sud-Kivu, région agricole clé, sa propagation a entraîné des pertes de rendement importantes, aggravant l’insécurité alimentaire et économique des petits exploitants. Les méthodes de lutte actuelles reposent sur l’usage massif d’insecticides chimiques, coûteux, souvent non homologués et dangereux pour la santé humaine et l’environnement. Face à cette impasse, le recours à des biopesticides à base de champignons entomopathogènes apparaît comme une alternative durable, efficace et respectueuse de l’écosystème.
C’est dans ce contexte qu’est né le projet BioFungi, fruit des travaux de recherche doctorale de Marcellin Cokola financés par l’ARES. Sa thèse a permis d’isoler et de caractériser plusieurs champignons entomopathogènes capables d’infecter naturellement la chenille légionnaire dans l’est de la RDC. Testés au laboratoire à Gembloux, ces isolats – notamment de Beauveria bassiana et Metarhizium rileyi – ont démontré une efficacité prometteuse, avec des taux de mortalité dépassant parfois 70 % chez les larves. Le projet vise désormais à transformer ces résultats scientifiques en solutions pratiques pour les agriculteurs du Sud-Kivu, en construisant un pont entre recherche académique, besoins des communautés rurales et pratiques agricoles durables.

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